Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/560

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faire est de mettre le tout au feu. Cependant si vous avez la patience de feuilleter ce fatras, vous y trouverez, je crois, quelques plantes qu’un officier obligeant a eu la bonté de m’apporter de Corse, & que je ne connois pas.

Voici aussi quelques graines du Seseli Halleri. Il y en a peu, & je ne l’ai recueillie qu’avec beaucoup de peine, parce qu’il grene fort tard & mûrit difficilement en ce pays : mais il y devient en revanche une très-belle plante, tant par son beau port que par la teinte de pourpre que les premieres atteintes du froid donnent à ses ombelles & à ses tiges. Je hasarde aussi d’y joindre quelques graines de Gombault, quoique vous ne m’en ayez rien dit, & que peut-être vous l’ayez ou ne vous en souciez pas, & quelques graines de l’Heptaphyllon qu’on ne s’avise gueres de ramasser, & qui peut-être ne leve pas dans les jardins, car je ne me souviens pas d’y en avoir jamais vu.

Pardon, Monsieur, de la hâte extrême avec laquelle je vous écris ces deux mots, & qui m’a fait presque oublier de vous remercier de l’Asperula Taurina qui m’a fait bien grand plaisir. Si nos chemins étoient praticables pour les voitures, je serois déjà pros de vous. Je vous porterai le catalogue de rues livres ; nous y marquerons ceux qui peuvent vous convenir, & si l’acquéreur veut s’en défaire, j’aurai soin de vous les procurer. Je ne demande pas mieux, Monsieur, je vous assure que de cultiver vos bontés, & si jamais j’ai le bonheur d’être un peu mieux connu de vous que de Monsieur****. qui dit si bien me connoître, j’espere que vous ne m’en trouverez pas indigne. Je vous salue de tour mon cœur.

Avez-vous le Dianthus superbus ? Je vous l’envoie à tout