Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/578

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étourdiment que je n’eusse eu loin d’observer quelques-unes des bienséances nécessaires en pareilles occasions. J’écrivis à Madame de Warens dès le jour de mon départ, pour prévenir toute inquiétude de sa part ; je réitérai peu de jours après ; j’étois aussi dans les dispositions de vous écrire, mais mon voyage a été de courte durée, & j’aime mieux pour mon honneur & pour mon avantage que ma lettre soit datée d’ici que de nulle part ailleurs.

Je vous fais mes sinceres remerciemens, mon cher pere, de l’intérêt que vous paroissez prendre encore en moi ; j’ai été infiniment sensible à la maniere tendre dont vous vous êtes exprime sur mon compte dans la lettre que vous avez écrite à Madame de Warens ; il est certain que si tous les sentimens les plus vifs d’attachement & de respect d’un fils peuvent mériter quelque retour de la part d’un pere, vous m’avez toujours été redevable à cet égard.

Madame de Warens vous fait bien des complimens, & vous remercie de la peine que vous avez prise de lui répondre ; il est vrai, mon cher pere, que cela ne vous est pas ordinaire. Je ne devrois pas être obligé de vous supplier de ne donner plus lieu à cette Dame de vous faire de pareils remerciemens dans le sens de celui-ci ; j’ai vu que toutes les fois qu’elle a eu l’honneur d’écrire au Roi & aux plus grands seigneurs de la Cour, ses lettres ont été répondues avec la derniere exactitude. S’il est vrai que vous m’aimiez, & que vous ayez toujours pour le vrai mérite l’estime & l’attention qui lui sont dûs, il est de votre devoir, si j’ose parler ainsi, de ne vous pas laisser prévenir.