Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/579

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Je suis inquiet sur l’état de ma chere mere ; j’ai lieu de juger par votre lettre que sa santé se trouve altérée ; je vous prie de lui en témoigner ma sensibilité ; Dieu veuille prendre soin la vôtre, & la conserver pour ma satisfaction long-tems au-delà de ma propre vie.

J’ai l’honneur d’être, &c.

LETTRE III.

MONSIEUR ET TRÈS-CHER PERE,

Dans la derniere lettre que vous avez eu la bonté de m’écrire le 5 courant, vous m’exhortez à vous communiquer mes vues au sujet d’un établissement. Je vous prie de m’excuser si j’ai tardé de vous répondre ; la matiere est importante, il m’a fallu quelques jours pour faire mes réflexions, & pour les rédiger clairement, afin de vous en faire part.

Je conviens avec vous, mon très-cher pere, de la nécessité de faire de bonne heure le choix d’un établissement, & de s’occuper à suivre utilement ce choix ; j’avois déjà compris cela, mais je me suis toujours vu jusques-ici hors de la supposition, absolument nécessaire en pareils cas, & sans laquelle l’homme ne peut agir, qui est la possibilité.

Supposons, par exemple, que mon génie eût tourné naturellement du côté de l’étude, soit pour l’église, soit pour le barreau, il est clair qu’il m’eut fallu des secours d’argent,