Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/601

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votre cantate soit entiérement sans défauts ; mon amitié abhorre une basse flatterie, jusqu’à tel point que j’aime mieux donner dans l’excès opposé que d’affoiblir le moins du monde la rigueur de la sincérité ; quoique peut-être j’aye aussi de ma part que chose à vous pardonner à cet égard. Nous avons le regret de ne pouvoir mettre cette cantate en exécution faute de violoncelle, & Maman a même eu celui de ne pouvoir chanter autant qu’elle auroit souhaité, à cause de ses incommodités continuelles : actuellement elle a une fievre habituelle, des vomissemens fréquens & une enflure dans les jambes qui s’opiniâtre à ne nous rien présager de bon.

Maman m’a engagé de copier la mienne pour vous l’envoyer, puisque vous avez paru en avoir quelque envie ; mais ayant égaré l’adresse que vous m’aviez envoyée pour les paquets à envoyer, je suis contraint d’attendre que vous me l’ayez indiquée une seconde fois ; ce que je vous prie de faire au plutôt. La cantate étant prête à partir, j’y joindrai volontiers deux ou trois exemplaires du Verger, qui me restent encore, si vous êtes à d’en faire cadeau à quelque ami.

Je vous prie de vouloir faire mes complimens à M. l’Abbé Borlin. Vous pourrez aussi le ressouvenir, si vous le jugez bon, qu’il a une cantate & un autre chiffon de musique à moi. L’aventure de la Châronne me fait craindre que le bon Monsieur ne soit sujet à égarer ce qu’on lui remet. S’il vous les rend, je vous prie de ne me les renvoyer qu’après en avoir fait usage aussi long-tems qu’il vous plaira.

Vous savez sans doute que les affaires vont très-mal en Hongrie, mais vous ignorez peut-être que M. Bouvier le fils y a été tué ; nous ne le savons que d’hier.