Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/610

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& n’a par conséquent aucune longueur ; & sans doute il n’étoit pas probable qu’un axiome si évident & qui fait le fondement de deux parties considérables des mathématiques, pût devenir sujet à être contesté ; mais quand il s’agira de concilier des démonstrations contradictoires avec des faits assurés, que ne pourra-t-on point contester ? J’ai vu dans la préface des Elémens d’astronomie de M. Fizes, professeur en mathématiques de Montpellier, un raisonnement qui tend à montrer que dans l’hvpothese de Copernic, & suivant les principes de la pesanteur établis par Descartes, il s’ensuivroit que le centre de gravité de chaque partie de la terre, devroit être, non pas le centre commun du globe, mais la portion de l’axe qui répondroit perpendiculairement à cette partie, & que par conséquent la figure de la terre se trouveroit cylindrique. Je n’ai garde assurément de vouloir soutenir un si étonnant paradoxe, lequel pris à la rigueur, est évidemment faux : mais qui nous répondra que la terre une fois démontrée oblongue par des constantes observations, quelque physicien plus subtile & plus hardi que moi n’adopteroit pas quelqu’hypothese approchante ? Car enfin, diroit-il, c’est une nécessité en physique que ce qui doit être se trouve d’accord avec ce qui est.

Mais ne chicanons point ; je veux accorder votre premier argument. Vous avez démontré que la superficie de la mer, & par conséquent celle de la terre doit être sphérique ; si par l’expérience je démontrois qu’elle ne l’est point, tout votre raisonnement pourroit-il détruire la force de ma conséquence ? Supposons pour un moment que cent épreuves exactes & réitérées vinssent nous convaincre qu’un degré de latitude a constamment