Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/70

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n’en avoient pas une opinion favorable. Comment accorder sa conclusion avec ces paroles : Remedes pour les maladies de l’ame : inscription qu’au rapport de Diodore de Sicile, on lisoit sur les frontispice de la plus ancienne des bibliothéques, de celle d’Osymandias Roi d’Égypte.

Il assure que l’Astronomie est née de la superstition ; l’éloquence de l’ambition, de la haine, de la flatterie, du mensonge ; la Géométrie, de l’avarice ; la Physique, d’une vaine curiosité ; toutes, & la Morale même, de l’orgueil humain. Il suffit de rapporter ces belles découvertes pour en faire connoître toute l’importance. Jusqu’ici on avoit cru que les Sciences & les Arts devoient leur naissance à nos besoins ; on l’avoit même fait voir dans plusieurs ouvrages.

Vous dites que le défaut de l’origine des Sciences & des Arts ne nous est que trop retracé dans leurs objets. Vous demandez ce que nous serions des Arts sans le luxe qui les nourrit : tout le monde vous répondra que les Arts instructifs & ministériels, indépendamment du luxe, servent aux agrémens, ou aux commodités, ou aux besoins de la vie.

Vous demandez à quoi serviroit la Jurisprudence sans les injustices des hommes : on peut vous répondre qu’aucun Corps politique ne pourroit subsister sans loix, ne fût-il composé que d’hommes jutes. Vous voulez savoir ce que deviendroit l’Histoire s’il n’y avoit ni tyrans, ni guerres, ni conspirateurs vous n’ignorez cependant pas que l’Histoire Universelle contient la description des pays, la religion, le gouvernement, les mœurs, le commerce & les coutumes des peuples, les dignités, les magistratures, les vies des Princes pacifiques, des