Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/88

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pas pour rien, & que celui qui la posséde, ne se regarde pas comme un homme qui ne sait rien. Si l’Auteur entend par ne savoir rien, n’être point Géometre, Astronome, Physicien, Médecin, Jurisconsulte, &c. Je conviendrai qu’on peut être honnête homme sans tous ces talens ; mais n’est-on engagé dans la société qu’à être honnête homme ? Et qu’est ce qu’un honnête homme ignorant & sans talens ? un fardeau inutile, à charge même à la terre, dont il consume les productions sans les mériter, un de ces hommes auxquels Horace fait dire....

Nos numerus sumus, & fruges consumere nati.

Il y a bien loin de cet honnête homme-là, à l’homme de bien vrai citoyen, qui pénétré de ses devoirs envers les autres hommes, envers l’Etat, cultive dès l’enfance toutes les Sciences, tous les Arts par lesquels il peut les servir, & par lesquels il les sert en effet, dès qu’il lui est possible.

........................................Quod si Frigida curarum relinquere posses,

Quo te coelestis sapientia duceret, ires. Hoc opus, hoc studium, parvi properemus & ampli.

Si patriae volumus, si nobis vivere cari.

Horat. Epist. 3. l. 1. v. 25.

Il sera difficile, ne m’ont point rebuté. La solution de ce problême est rendue très-curieuse & très-intéressante par le génie supérieur & le style séduisant de l’Auteur ; mais il n’a point concilié les contrariétés qu’il sent lui-même.