Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/93

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dans une sorte d’esclavage. C’est cet esclave que l’Orateur nous donne ici pour un Peuple policé ; esclave qui est précisément cette portion honteuse de l’humanité ; qui est sans aucune des vertus sociales, sans aucune des qualités d’un Peuple policé.

Le besoin—les Arts les ont affermis. Le besoin & la raison ont élevé les trônes des vrais Rois. Les Sciences & les Arts qui sont à leur tour le trône de la raison, deviennent par-là le plus ferme appui des Souverains légitimes, par les heureux effets de la raison & de la justice, tant sur le Souverain que sur les sujets.

Puissances de la terre—Heureux esclaves. L’Auteur sacrifie toujours la justesse à l’agrément & à la nouveauté. Le trône d’un Peuple policé n’en fait point des esclaves, mais des pupilles heureux sous la tutelle d’un Pere tendre.

Vous leur devez — de toutes les vertus sans en avoir aucune. C’est ici que notre Orateur commence à lever le masque. II veut que la douceur du caractere, l’urbanité des mœurs, le commerce liant & facile ne soient que des appas pour tromper les hommes. Il nous a dépeint, occupés du desir de plaire à ces mêmes hommes. Ici notre unique soin est de les tromper ; là, nous étions les amans de la société ; ici nous sommes de ces amans suborneurs & perfides, qui n’ont d’amant que les apparences, & dont le cœur scélérat n’a d’autre but que de déshonorer l’infortunée assez foible pour en être la dupe. Le portrait n’est pas flatteur, mais est-il vrai, c’est ce que nous allons examiner en suivant l’Auteur.

C’est par cette sorte de politesse — le commerce du monde. La décence est déjà une espece de vertu, ou tout au moins