Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/129

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sublime la plus simple maxime & la premiere du christianisme, & paganisme même, & de la premiere humanité, vous la trairez de maxime de justice raisonnée. On voit bien que vous n’écartez les Jurisconsultes & les Moralistes, que manque de les connoître & de connoître les plus simples maximes du droit des gens, des nations, des hommes en général. Vous sauriez, si vous les connoissiez, que la Jurisprudence & la Morale, comme la Théologie distinguent les devoirs de justice, des devoirs de charité, & que vous péchez ici contre les premiers principes, encore traitez-vous cela de justice raisonnée & de maximes sublimes.

Or, en traitant les deux premiers commandemens de Dieu de sublimes, quoiqu’ils ne le soient que pour la nature corrompue, vous insinuez fortement qu’ils sont impraticables, & du reste inutiles, puisque la maxime que vous osez lui opposer, vous la traitez de moins parfaite, mais plus utile peut -être que la précédente. Vous tendez des piéges à la charité, en la mettant à un si haut prix. Je suis, Monsieur, votre, &c.

LETTRE XI.

Mais voyons M. votre maxime en elle-même : j’ai peur que vous ne prêchiez les mauvaises mœurs. Vous mettez d’abord en premiere loi, le bien propre que chacun, non pas se doit faire, mais se veut à lui-même se veut à lui-même, fût)ce aux dépens d-autrui. Fais ton bien, ditez-vous, c’est le rem rem d’Horace, si