Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/156

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de vrai, de tout cela, se pressent d’en parler. Je ne me presse de rien, je les laisse faire. Seulement je les prie de croire que tôt ou tard je pourrai bien leur dire le vrai de tout ce qu’ils s’empressent de débiter sur des présomptions vagues, bien plus que sur des faits personnels. En attendant je dois prendre acte que M. de Montesquieu n’ayant jamais voulu recevoir aucune sorte de compliment de moi sur ses lettres, & me les ayant constamment comme désavouées, me pria de lui corriger religieusement son ouvrage de la grandeur des Romains, où il sentoit bien que mon caractere & ma religion trouveroient bien des choses à réformer. Il l’imprimoit en Hollande par la médiation de l’Ambassadeur M. le Comte de Vanhoé. Deux fois la semaine il en recevoit les épreuves à corriger.

C’est précisément de ces corrections qu’il me chargea, corrections, dis-je, religieuses, théologiques, morales, philosophiques même plutôt que littéraires, historiques ou grammaticales. Il n’avoit pas besoin de moi pour celles-ci, & il étoit trop poli pour me charger de la simple correction typographique des fautes d’impression ; ce que je fis pourtant. Pas une feuille en premiere épreuve qui ne me passât par les mains pas une, où je ne prisse l’honnête liberté d’être son ami exactement, religieusement vrai.

Un prétendu ami commun, ami de la licence, voulut au milieu de l’ouvrage réprimer ma liberté. L’Auteur me permit, me pria d’aller jusqu’au bout. Et l’ouvrage parut exempt de reproche, tel que je l’avois légitimé ou rendu digne d’un Auteur noble, & en place de grand & grave Magistrat.

L’article seul du suicide, se glissa, je ne sais comment, dans