Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/210

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peut tout aussi-bien être que le roi un tyran, & ne peut être un ambitieux & un rebelle décidé.

Il est donc démontré que M. R. habile homme d’ailleurs l’on veut, ne fâchant pas un mot de théologie, de morale physique même, n’en sait pas davantage de jurisprudence de politique. Cependant, comme j’ai entrepris de réfuter M. R. dans tous ses points, j’irai jusqu’au bout de son discours, qui commence pourtant à m’ennuyer, autant que le mien peut l’ennuyer.

Je m’aguerris même peu-à-peu, à l’extrême aversion que j’ai de copier ces horreurs, pour me donner uniquement le droit de les réfuter. Comment M. R. a-t-il pu dire par maniere d’épiphoneme contre le despotisme vrai ou calomnieux de toutes sortes de souverains monarques & paternels, “que l’émeute qui finit par étrangler ou détrôner un Sultan, est un acte aussi juridique que ceux par lesquels il disposoit la veille, de la vie & des biens de ses sujets. La seule force le maintenoit, la seule force le renverse. Toutes ces choses se passent ainsi selon l’ordre naturel.”

Oui, voilà le naturel de M. R. de traiter d’acte juridique la violence des sujets, qui sans autre forme ni procès, étranglent un Sultan, qu’il leur plaît de traiter de tyran. Encore Cromwel le scélérat Cromwel, mit-il un air de jugement & de forme juridique dans le prodige de sa révolte, en faveur de la prétendue liberté, des Anglois, ou en faveur de son ambitieux fanatisme.

M. R. qui ose taxer d’ames sanguinaires ceux qui ont conseillé la révocation de l’Edit de Nantes, ou qui ont défendu