Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/220

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qui voyant les nuances les plus fines, les plus légéres différences. Plus cela est bien dit, plus M. R. le trouvera mal, parce que c’est de la science, de l’art, de l’esprit, qui perdent tout, selon lui. Une grosse bête qui hurle, qui brait, meugle ou hennit, est une pointe d’épigramme pour lui.

M. R. dit : “Ne verra-t-on jamais renaître ces tems heureux, où les peuples ne se mêloient point de philosopher, mais où les Platon, les Thalès, & les Pythagore épris d’un ardent desir de savoir, entreprenoient les plus grands voyages pour s’instruire, & alloient au loin secouer le joug des préjugés nationaux, apprendre à connoître les hommes, acquérir ces connoissances universelles qui sont la science commune des sages.

Quoi ! M. R. qui traite les sciences de corruption, de peste, d’inhumanité, veut qu’on voyage pour les acquérir ! La liste des contradictions de M. R. avec lui-même, seroit un ouvrage précisément de la longueur de ses ouvrages. La liste de contradictions avec la religion, les sciences, les arts, le bon sens même, seroit d’une longueur quadruple, à ce que je trois. Mais le voyage de M. R. de Geneve à Paris, n’est-il pas dans le goût des voyages de Pythagore ou de Platon ? Oui ou non, comme on voudra.

C’est en Egypte ou aux Indes que Pythagore apprit la métempsycose des a mes humaines dans les corps d’autres hommes après la mort des premiers. M. R. a appris à Paris que les ames des bêtes étoient déjà passées dans les corps des hommes qui y brillent le plus aujourd’hui. Le vrai de tout, c’est que M. R. étant venu de bonne soi, je crois, se signaler à Paris