Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/250

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Et voilà comme j’aime à faire de toutes les questions de morale & de littérature, questions de soi vagues, confuses & interminables, des questions de fait & d’histoire ; n’y ayant que cela pour les trancher ; comme les questions de foi, la tradition : la raison métaphysique, claire & personnellement évidente, ayant seule droit sur les seules questions géométriques.

Il en est de la tradition des sciences comme des nœuds sacrés de la société qui sont les deux grands principes du bien que M. R. méconnoît avec entêtement, sinon avec affectation, L’Eglise est le nœud de ces deux liens d’humanité : car le mariage propage les corps & les ames, & les lettres, les sciences & les arts, propagent en quelque sorte les esprits, la foi même & les mœurs ; & c’est l’Eglise qui autorise tout, propage tout, conserve répare & perfectionne tout, d’après par Jésus-Christ.

D’où il m’est permis de tirer ce grand argument, que je crois à l’épreuve de toutes chicanes de M. R. que tout cela, nommément la société & les sciences sont un bien dort il est fâcheux qu’il résulte bien des maux, il est vrai, par la faute des associés & des savans, & jamais par celle de la science ou de la société.

Je crois pouvoir même sans conséquence & sans donner trop d’avantage à M. R. convenir avec lui d’un grand mal qui résulte de la science & de la société. Car le défaut absolu de société serait une inhumanité parfaite, une absolue destruction de l’humanité, pire que la vie sauvage, libre, animales & libertine que prêche M. R. Et de même le défaut absolu