Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/415

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& qui s’en est tenu à soumettre sa conduite à un calcul aussi exact que celui-là : qui n’a pas dit le premier que les femmes seroient fort bien, tant pour eux, que pour elles-mêmes, de nourrir leurs enfans ; & qui l’a seulement répété de façon à vaincre la vanité & la mollesse, qui engageoient à livrer ces infortunés à des soins mercenaires, toutes les meres en état de les payer.

Un pitoyable dialecticien, qui n’a jamais su marcher de conséquence en conséquence ; dont les principes sont faux & communs ; & qui perd son tems à vouloir coudre ensemble des idées incohérentes, dont le choc perpétuel ne produit que des contradictions.

Un écrivain stérile qui n’a rien à lui, que l’arrangement assez heureux, des mots qu’il employé qui va sans cesse, & sans pudeur, moissonnant dans le champ d’autrui, car sans parler de ses autres ouvrages, il est évident qu’il a volé à Séneque, à Plutarque, à Montagne, à Locke, à Sidney, &c. &c. &c. tout ce qu’il y a de profondément pensé dans

son Contrat Social. Tandis qu’un homme qui auroit assez d’âge, d’étude, & de mémoire, pour posséder tous les auteurs qui ont écrit depuis l’origine du monde,*

[*Grace pour cette expression,Monsieur ; ne m’en sers que comme M. Diderot dit plut à Dieu ! Je sais bien qu’il ne faut pas croire que le monde ait commencé. À propos de cela, n’admirez- vous pas avec quelle condescendance, les initiés se prêtent à dater comme le vulgaire ?] ne trouveroit dans tout ce que nous a donné le divinité Voltaire, (à qui pourtant on a osé comparer Rousseau) pas un plan, pas une idée, pas une opinion, pas une pensée, pas une observation, pas un