Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/425

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du moins son intention), de la larme qu’il avoir versée sur le tombeau de Madame Geoffrin, je voulois encore voir, combien il en verseroit sur celui d’un ami tout autrement recommandable ; je me préparois à les calculer......Je n’y en ai pas trouvé une seule ; & dans le premier moment de ma surprise, je me suis écriée, ne pleure-t-on que les gens chez qui on dîne !

Il est bien singulier, Monsieur, que l’auteur de cet Eloge en ayant déjà fait beaucoup d’autres, (qui, si je ne me trompe, n’entreront pas dans le sien) n’ait pas vu qu’il n’avoit pas rempli son titre, & que ce qu’il publioit méritoit, tour au plus, celui de notice pour servir aux mémoires de la vie de mylord Maréchal. Un Biographe doit à la vérité, de rassembler tous les traits avantageux ou non, qui peuvent compléter le portrait de l’homme qu’il veut peindre : mais il me semble, qu’un panégyriste ne doit exposer à nos regards, que les traits propres à faire valoir l’homme qu’il veut nous faire admirer. M. d’Alembert ne pense vrai semblablement pas ainsi : il raconte des minuties qui ne tirent à aucune conséquence pour le caractere de mylord Maréchal. Ce n’est pas tout, il dit des choses qui, sans sa réputation de philosophe exempt de toutes superstitions, seroient douter, s’il a voulu faire l’éloge, ou la critique de ce respectable vieillard. En voici une, entr’autres. Il prenoit indifféremment ses domestiques dans toutes les nations, catholiques ou hérétiques, chrétiens ou infideles : il y eut même un tems où pas un de ceux qui le servoient n’étoit baptisé. De bonne soi, M. d’Alembert petit-il croire que cette indifférence absolue pour toutes les religions soit un grand mérite aux yeux de la majeure partie des hommes ? Ou n’a-t-il