Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/465

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qu’on leur réponde, révoquent en doute la vérité de ce que vous avez dit......Mon amour propre qui ne manque pas de me placer dans la classe des gens qui méritent qu’on leur réponde, vous remercie, Monsieur, de la petite caresse que contient votre délicate parenthese ; mais, quelque touchée que j’en sois, elle ne me séduira point jusqu’à m’empêcher de vous dire, que la distinction que vous accordez à plusieurs amis de feu M. Rousseau, est révoltante pour eux-mêmes, en ce qu’elle suppose que les autres ne la méritent pas. Tous ceux qui élevent la voix en faveur du respectable objet de vos outrages, méritent qu’on les écoute, qu’on leur réponde, que l’on prouve en se justifiant, si cela étoit possible, & puisque cela ne l’est pas, en se rétractant, le cas que l’on fait de leur estime. Oui, Monsieur, ils le méritent, puisque l’intérêt de la verité, l’amour de la vertu peuvent seuls les animer.

Voudriez-vous bien, Monsieur, avoir la bonté de déterminer ce que vous avez prétendu nous faire entendre en vous exprimant ainsi.

Cette lettre dont je conserve l’original (que vous ne vous engagez cependant point à produire) m’a été écrite par M. Muzell Stosch, que je dois nommer ici, pour sa justification, & pour la mienne. Quant à la votre, il est facile de concevoir, qu’en nommant l’auteur de cette lettre, vous vous lavez du soupçon de l’avoir supposée : pourvu toutefois que cet auteur vive encore ; & qu’il ait la bonne foi de confesser cette iniquité. Mais que l’on puisse opérer la justification d’un homme, en publiant que c’est lui qui a écrit une lettre également opposée à la vérité, au bon sens & à l’honnêteté, c’est ce que nous