Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/489

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de l’indulgence qui pardonne les défauts, c’est avoir de la foiblesse qui caresse les vices : foiblesse qui naît toujours d’un intérêt qui ne se trouve point dans les belles ames. Il est dot vrai, quoiqu’il vous en semble, que c’est manquer d’égards pour la mémoire de mylord Maréchal, que d’accuser d’ingratitude à son égard feu M. Rousseau, à qui il a légué sa montre. Et voilà comment traite ses meilleurs amis, ce bon M. d’Alembert, qui a pourtant raconté les torts de M. Rousseau sans haine, & sans amertume.

Enfin vous dites, Monsieur : “on assure que dans ses Mémoires, il s’accuse lui-même de fautes très-graves en différens genres.” Quoi ! cet homme si hautement, si obstinément taxé d’hypocrisie, destine à la postérité des Mémoires où il s’accuse lui-même de fautes très-graves, en différens genres ; & cede au desir qu’ont d’entendre ces Mémoires, des personnes assez distinguées par leur rang, leur mérite, leur fortune, (puisqu’il saut la compter) pour que leur opinion entraîne le Public ; & auxquelles, par conséquent, il a le plus grand intérêt d’en imposer sur son caractere !..... Voilà sans contredit un hypocrite d’une espece toute nouvelle.....Pardon, Monsieur, de vous avoir interrompu ; je n’ai pu me refuser de faire cette observation. Vous reprenez : “& que dans une lettre très-connue, écrite à un homme très-respectable, il convient qu’il est né ingrat. De tels aveux, appuyés comme ils le sont par des faits, peuvent balancer (au moins en partie) l’éloge donné par l’apologiste, aux vertus de cet illustre Ecrivain. Telle est à son sujet notre maniere de penser, que nous croyons pouvoir avouer avec franchise, &c.&c.” Je supprime le verbiage.