Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/493

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Voyez de quel ton il en parle dans une lettre datée de Motiers-Travers, le 28 Mai 1764, adressée à M. Guy, & imprimée chez la veuve Duchesne : “Vous savez (dit-il) la nouvelle affliction qui m’accable : la perte de M. de Luxembourg met le comble à toutes les autres ; je la sentirai jusqu’au tombeau. Il fut mon consolateur durant sa vie, il sera mon protecteur après sa mort. Sa chere & honorable mémoire défendra la mienne des outrages de mes ennemis ; & quand ils voudront la souiller par leurs calomnies, on leur dira ; comment cela pourroit-il être ? Le plus honnête homme de France fut son ami.” Cela est sort bien dit assurément : mais il n’y a que d’honnêtes gens que cette réponse pût convaincre.

A-t-il été ingrat envers le feu Prince de Conti ? Tant que ce Prince vécut, il honora Rousseau d’une bienveillance particuliere qui décide la question.

A-t-il été ingrat envers le roi de Prusse ? Voyez ce qu’il en dit dans ses ouvrages destinés au public,*

[*Troisieme lettre de la Montagne, pag. 121, Tome premier, édition d’Amsterdam.] & dans ses lettres particulieres.*

[*À mylord Maréchal & à d’autres.] Avec quelle délicatesse il le loue ! Comme d’un trait de plume il indique aux générations les plus reculées, la place que tient ce Monarque entre ses augustes égaux ! Vous me direz peut-être qu’il ne fait que lui rendre justice : cela est vrai : mais J. J. Rousseau lui-même ne pouvoit pas faire plus.... Passons à présent à un ordre bien différent de bienfaiteurs & de bienfaits.