Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/526

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à votre avis, Monsieur, le soupçon de mauvaise foi, est donc moins injurieux que celui d’ignorance ? Je suis bien sûre que Rousseau ne pensoit pas ainsi. Cette différence entre vous, & lui, est une suite nécessaire de toutes les autres.

Si ce n’est pas l’ignorance, c’est donc la mauvaise foi ; & alors, qui a pu la faire naître, si ce n’est la jalousie ?

Pour cette fois, Monsieur, je viens à votre secours, ce que vous ne faites qu’avancer, j’en apporte la preuve. Rousseau a dit en parlant de Rameau : “il faudroit que la nation lui rendît bien des honneurs pour lui accorder ce qu’elle lui sais.*

[* Extraits d’une lettre de M. Rousseau à M....sur les ouvrages de M. Rameau. Oeuvres diverses Tome II. pag. 376.] Qui ne reconnoîtroit dans cette phrase choisie entre beaucoup d’autres du même ton, le langage de la jalousie ? N’est-ce pas là mot pour mot, celui que vous, & vos pareils, tenez à l’égard de J. J. Rousseau ? La patience échappe ; Rousseau jaloux de Rameau !.....Quelle pitié !..... Apprenez, Monsieur, puisque vous en êtes encore là, que Rousseau avoit dans la tête de quoi exciter la jalousie de tous ceux qui en sont susceptibles ; & dans le cœur, de quoi n’en concevoir de personne.

Elle est encore prouvée par la préférence qu’il donne gratuitement au systême de Tartini sur celui de Rameau. Aucune raison ne pouvoit l’y déterminer. 1̊. Parce que celui de Rameau existoit près de quarante ans avant celui de Tartini, & que par conséquent Rameau a le mérite de l’invention.

Puisque le systême de Rameau, & celui de Tartini ne se ressemblent point, je ne vois pas que le mérite de l’invention