Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/536

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a quoi on ne devoit pas s’attendre, Monsieur, c’est à vous voir dire que le Pere Souhaitty propose une nouvelle maniere de noter le plain-chant ou la musique, comme me si un aussi grand musicien que vous, pouvoit prendre l’un, pour l’équivalent de l’autre. C’étoit & la musique qu’il falloit dire, dès que pour accuser Rousseau de plagiat, vous vouliez étendre jusqu’à elle, le systême du Pere Souhaitty, malgré le cri de votre conscience. Si Rousseau avoir rendu compte du systême de ce bon religieux, vous ne manqueriez pas de dire que ce n’auroit été que pour faire valoir le sien.

Or, comme le pere Souhaitty n’a jamais fait d’autre systême que celui d’une nouvelle maniere de noter la musique, & que Rousseau le cite, il le connoissoit donc ;

Quoiqu’il ne connût pas le pere Souhaitty lorsqu’il eut de son côté la même idée que lui (celle de se servir, de chiffres s’entend) non-seulement il le connoissoit lorsqu’il l’a cité ; mais encore il l’a fait connoître à beaucoup d’autres. Sans lui combien de gens ne soupçonneroient pas que le pere Souhaitty eût jamais existé ! Vous-même, Monsieur, ne l’auriez peut-être jamais su, s’il n’en avoir pas parlé dans sa Dissertation,*

[*Page 65.] & dans son Dictionnaire.

Puisqu’il le connoissoit, & que ces deux systêmes n’en sont qu’un, Rousseau a donc donné comme de lui, ce qui étoit d’un autre.

Si cette odieuse imputation qui choque autant le bon sens que la justice, & dont le caractere de Rousseau devoit si bien le garantir, n’est pas détruite par tout ce que j’ai dit, & prouvé