Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/565

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LETTRE À M. FRERON.

Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien le plutôt vous sera possible, donner place dans l’Année littéraire lettre que j’ai l’honneur de vous envoyer. Vous pouvez, Monsieur, me rendre ce service, sans risquer de désoblige M. d’Alembert : son consentement à la publication de cette lettre, est consigné en termes formels, page 179 du Mercure du 23 de ce mois, dans lequel j’avois souhaité qu’elle fût insérée ; & les protestations de sincérité qui accompagnent ce consentement, ne permettent pas de douter que M. d’Alembert ne l’ait dicté lui-même ; car M. d’Alembert est l’homme du monde le plus sincere. Il est clair, Monsieur, que la préférence que je donnois au Mercure, sur votre Journal m’étoit pas inspirée par le desir de me faire valoir ; mais n’étoit pas non plus un effet du hasard ; je croyois devoir sacrifier mon intérêt à la convenance, qui me sembloit exiger que la défense eût le même théâtre & les mêmes spectateurs que l’attaque. M. d’Alembert en a jugé autrement ; il a trouvé fort égal que ma lettre parût dans le Mercure, ou ailleurs ; même qu’elle parût, ou ne parût pas, dès qu’il s’en est pleinement rapporté à MM. les Rédacteurs du chef-d’œuvre hebdomadaire, qui, de leur propre mouvement, & sans que M. d’Alembert ait mis un grain dans la balance, m’ont l’exclusion. Loin que la philosophique indifférence de M. d’Alembert