Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/593

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


comme une querelle de bouffon les offenses personnelles que M. Hume, M. d’Alembert & moi, avons été obligés de repousser ; offenses qu’aucun homme d’honneur ne pouvoit passer sous silence.

M. d’Alembert & M. Hume qui sont au rang des premiers écrivains de France, & d’Angleterre, ne sont point des bouffons. Je ne crois pas l’être non plus, quoique je n’approche pas de ces deux hommes illustres.

Il est vrai, Monsieur, que malgré mon âge & mes maladies, je suis très-gai quand il ne s’agit que de sottises de littérature, de prose empoulée, de vers plats, ou de mauvaises critiques ; mais on doit être très-sérieux sur les procédés, sur l’honneur, & sur les devoirs de la vie.”*

[* C’est bien là le cas de s’écrier avec le zélé Capucin ; ECCOLÔ IL VERÔ POLICINELLO ! Note de la bonne-femme d’une ignorance crasse.]

Eh bien ! Madame, qu’avez-vous à objecter à cela ? Direz-vous que le grand-homme dans les convulsions de haine & de fureur auxquelles il étoit si su jet, a trop souvent compromis sa mémoire & sa bonne foi, pour être cité dans sa propre cause comme l’oracle de la vérité ? Bon ! Madame, ce ne sont là que des accès de gentillesse. Pour infirmer son témoigna alléguerez-vous ces fréquens, ces impudens désaveux de tout écrit sorti de sa plume qui pouvoit mettre en risque sa sécurité ? Encore moins, Madame, ce sont là des actes de prudence. Opposerez-vous enfin le témoignage de Rousseau à celui de Voltaire ? Je doute par de bonnes raisons que cela prenne avec M. D. L. B., mais essayons.