Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/98

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Etats policés on ne méprise point le peuple & les ouvriers, lorsqu’ils sont sages, habiles, modestes & respectueux. On ne méprise les ouvriers, que parce que communément ils sont sans éducation, sans science & sans mal habiles dans leur profession, & que sur le tout ils sont grossiers, jaloux de la fortune d’autrui, mauvais chrétiens, méprisans eux-mêmes, & sujets à bien des défauts & des vices bas & crapuleux. M. R. ne veut que dire aux Magistrats de Geneve & à tout le monde, que son pere sans être distingué par la condition, étoit pour-tant, Messieurs & Messeigneurs, comme tout le peuple de Geneve, vos égaux par l’éducation. Calomnie pure de dire qu’en France on n’éleve pas mieux le bourgeois que le peuple, & les gens nobles que les bourgeois. Je suis bon témoin du contraire. Je suis,

M. votre, &c.

LETTRE III.

MONSIEUR, comme dès l’Epître dédicatoire, où les autres ne sont souvent qu’ennuyer leurs Mécenes mêmes par des éloges pleins de fadeur, vous préludez par des hostilités aux grandes batailles dont votre discours est rempli contre le genre-humain, je ne suis pas surpris de vous voir vous y déclarer l’ennemi de l’univers.

Votre but décidé, est d’abord de démêler l’homme artificiel de l’homme originaire & naturel. Vous n’en parlez, dites-vous, qu’en Philosophe, & ce qui est pis, qu’en Physicien