Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/99

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


& c’est là-dessus que vous proposez un problême à résoudre. “Quelles expériences seroient nécessaires pour parvenir à connoître l’homme naturel, & quels sont les moyens de faire ces expériences au sein de la société.” Regardez-vous donc l’homme comme un être tout physique ? Cela paroît, puisque vous n’invoquez que les expériences physiques pour le connoître, pour le deviner. L’homme est pourtant selon l’Ecriture, l’Evangile & le Catéchisme, selon l’expérience même, un être tout moral & tout surnaturel, dont le corps comme l’esprit & la raison sont subordonnés à la foi & à toutes les vertus théologales & théologiques, aux vertus morales du moins.

On a beau faire des abstractions, & se dire Philosophe & demi, beau dire qu’on ne consulte que la raison. Moyse le seul qui ait droit d’en parler, nous dit positivement que Dieu forma l’homme du limon de la terre, & voilà le physique & le pur physique : mais Moyse ajoute tout de suite & dans la même phrase, que Dieu inspira sur la face de cet homme physique un souffle de vie qui fit de l’homme une ame vivante. Formavit igitur Dominus Deus hominem de limo terre, & inspiravit in faciem ejus spiraculum vitae, & factus est homo in animam viventem.

Voilà ce que toute la Philosophie & beaucoup moins toute la Physique du monde ne sauroit deviner si elle n’est chrétienne. Mais voilà ce qu’elle tâche toujours d’éluder & de méconnoître. Le passage précédent a deux parties bien marquées. Dans la premiere il s’agit du corps de l’homme & de la forme corporelle, mais non de l’homme ni de la forme de l’homme. Le