Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/148

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en Provence, d’Alembert même est en campagne, de sorte qu’il ne me reste ici que des connoissances, dont je ne me soucie pas assez pour déranger ma solitude en leur saveur. Le quatrième volume de l’Encyclopédie paroît depuis hier ; on le dit supérieur encore au 3me. Je n’ai pas encore le mien ; ainsi je n’en puis juger par moi-même. Des nouvelles littéraires ou politiques, je n’en sais pas, Dieu merci, & ne suis pas plus curieux des sottises qui se sont dans ce monde que de celles qu’on imprime dans les livres.

J’oubliai de vous laisser, en partant les canzoni que vous m’aviez demandées ; c’est une étourderie que je réparerai ce printemps, avec usure, en y joignant quelques chansons françaises, qui seront mieux du goût de vos dames & qu’elles chanteront moins mal.

Mille respect je vous supplie, à M. votre père & à Mde. votre mère, & ne m’oubliez pas non plus auprès de Mde. votre sœur, quand vous lui écrirez ; je vous prie de me donner particulièrement de ses nouvelles ; je me recommande encore à vous pour faire une ample mention de moi dans vos voyages de Sécheron, au cas qu’on y soit encore. Item, à Mr. Mde. & Mlle. Mussard, à Châtelaine ; votre, éloquence aura de quoi briller à faire l’apologie d’un homme qui, après tant d’honnêtetés reçues, part & emporte le chat.

J’ai voulu faire un article à part pour M. Abauzit. Dédommagez -moi en mon absence, de la gêne que m’a causé sa modestie, toutes les sois que j’ai voulu lui témoigner ma profonde & sincère vénération. Déclarez-lui, sans quartier, tous les sentimens dont vous me savez pénétré