Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/150

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avec laquelle j’ai appris que le Conseil avoir agréé, au nom de la République, la dédicace de cet ouvrage & je sens parfaitement tout ce qu’il y a d’indulgence & de grâce dans cet aveu. J’ai toujours espéré qu’on ne pourroit méconnoître dans cet épitre les sentimens qui l’ont dictée, & qu’elle seroit approuvée de tous ceux qui les partagent ; je compte donc sur votre suffrage, sur celui de votre respectable père & de tous mes bons concitoyens. Je me soucie très-peu de ce qu’en pourra penser le reste de l’Europe. Au reste, on avoit affecté de répandre des bruits terribles sur la violence de cet ouvrage, & il n’avoir pas tenu à mes ennemis de me faire des affaires avec le gouvernement ; heureusement, l’on ne m’a point condamné sans me lire, & après l’examen, l’entrée a été permise sans difficulté.

Donnez-moi des nouvelles de votre journal. Je n’ai point oublié ma promesse, ma copie me presse si sort depuis quelque temps qu’elle ne me donne pas le loisir de travailler. D’ailleurs je ne veux rien vous donner que j’aie pu faire mieux : mais je vous tiendra parole, comptez-y & le pis-aller sera de vous porter moi - même, le printemps prochain, ce que je n’aurai pu vous envoyer plutôt ; si je connois bien votre cœur, je crois qu’à ce prix vous ne serez pas fâché du retard.

Bon jour, Monsieur, préparez-vous à m’aimer plus que jamais, car j’ai bien résolu de vous y forcer à mon retour.