Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/152

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Le 5e. volume de l’Encyclopédie paroît depuis quinze jours ; comme la lettre E n’y est pas même achevée, votre article n’y a pu être employé ; j’ai même prié M. Diderot de n’en faire usage qu’autant qu’il en sera content lui- même. Car dans un ouvrage fait avec autant de soin que celui - là, il ne faut pas mettre un article foible, quand on n’en met qu’un. L’article Encyclopédie, qui est de Diderot, fait l’admiration de tout Paris, & ce qui augmentera la vôtre, quand vous le lirez, c’est qu’il l’a fait étant malade.

Je viens de recevoir d’un noble Vénitien un épitre Italienne où j’ai lu avec plaisir ces trois vers en l’honneur de la patrie.

Deh ! Cittadino di Citta ben retta E compagno e fratel d’ottime Genti

Ch’amor del giusto hà ragunate insieme, &c.

Cet éloge me paroît simple & sublime, & ce n’est pas d’Italie que je l’aurois attendu. Puissions-nous le mériter !

Bon jour, Monsieur, il faut nous quitter, car la copie me presse. Mes amitiés, je vous prie, à toute votre aimable famille ; je vous embrasse de tout mon cœur.

LETTRE À Mr. V....s.

À l’Hermitage le 4 Avril 1757.

Votre lettre, mon cher concitoyen, est venue me consoler dans un moment où je croyois avoir à me plaindre & l’amitié, & je n’ai jamais mieux senti combien la vôtre