Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/167

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& il ne tient qu’à toi de voir que c’est de bon cœur. Ne serois-tu point par hasard un de nos frères les Quakers ? Si cela est, je m’en réjouis, car je les aime beaucoup, & à cela près que je ne tutoye pas tout le monde, je me crois plus Quaker que toi. Cependant, peut-être n’est-ce pas là ce que nous faisons de mieux l’un & l’autre ; car c’est encore une autre folie que d’être sage parmi les foux. Quoiqu’il en soit, je suis très-content de toi & de ta lettre, excepté la fin où tu te dis encore plus à moi qu’à toi ; car tu mens, & ce n’est pas la peine de se mettre à tutoyer les gens pour leur dire aussi des mensonges. Adieu, cher patriote, je te & salue & t’embrase de tout mon cœur. Tu peux, compter que je ne mens pas en cela.

LETTRE À Mr. M.....u.

À Montmorenci le 29 Janvier 1760.

Si j’ai des torts avec vous, Monsieur, je n’ai pas celui de ne les pas sentir & de ne me les pas reprocher. Mon silence est bien plus contre moi que contre vous ; car comment répondre à une lettre qui m’honore si fort & où je reconnois si peu ? Je laisserai de votre lettre ce qui ne me convient pas ; je ne vous rendrai point les éloges que vous me donnez ; je suppose que vous n’aimeriez pas à les entendre, & tâcherai de mériter dans la suite que vous en pensiez au de moi.