Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/208

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Je souhaite de tout mon cœur que les choses soient lassées comme elles sont, & que je puisse jouir tranquillement du plaisir de voir mes amis à Genève, sans affaires & sans tracas ; je partirai sitôt que j’aurai reçu de vos nouvelles. Je vous manderai le jour de notre arrivée, & je vous prierai de nous louer une chaise pour partir le lendemain matin. Adieu, cher ami, mille respects à Monsieur votre père & à Madame votre épouse ; elle n’a point à se plaindre, j’espère, de votre séjour à Motiers ; si vous y avez acquis le corps d’Emile, vous n’y avez point perdu le cœur de St. Preux ; & je suis bien sûr que vous aurez toujours l’un & l’autre pour elle.

Voici des lettres que j’ai reçues pour vous. Mille amitiés à M. Le Sage. Je vous embrasse de tout mon cœur.

LETTRE À Mr. A. A.

Motiers 5 Juin 1763.

Voici, Monsieur, la petite réponse que vous demandez aux petites difficultés qui vous tourmentent dans ma lettre à M. de Beaumont.*

[* Voici le passage objecté. “Je crois qu’un homme de bien, dans quelque religion qu’il vive de bonne foi, peut être sauvé. Mais je ne crois pas pour cela qu’on puisse légitimement introduire en un pays des religions étrangères sans la permission du Souverain ; car si ce n’est pas directement désobéir à Dieu, c’est désobéir aux lois, & qui désobéit aux lois désobéit à Dieu.”]