Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/247

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tour. J’ai vu que cela le mortifioit d’autant plus, qu’ayant fait tous ses efforts pour savoir quelles relations je pouvois avoir eues en Corde, il n’a pu là-dessus m’arracher un seul mot. Comme il ne m’a point apporté de lettres, & qu’il n’a voulu ni se nommer, ni me donner la moindre notion de lui, je l’ai remercié des visites qu’il vouloit continuer de me faire. Il n’a pas laissé de passer encore ici dix ou douze jours sans me revenir voir.

Tout cela peut être une chose sort simple. Peut-être ayant quelque envie de me voir, n’a-t-il cherché qu’un prétexte pour s’introduire, & peut-être est-ce un galant homme, très-bien intentionné, & qui n’a d’autre tort dans ce fait, que d’avoir fait un peu trop l’empressé pour rien. Mais comme tant de malheurs doivent m’avoir appris à me tenir sur mes gardes, vous m’avouerez que si c’est un piège, il n’est pas fin. M. V.....s m’a écrit une lettre honnête pour désavouer avec horreur le libelle. Je lui ai répondu très-honnêtement, & je me suis obligé de contribuer, autant qu’il m’est possible, à répandre son désaveu, dans le doute que quelqu’un plus méchant que lui, ne se cache sous son manteau.