Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/260

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Sultan m’a tenu quelques jours en peine ; sur son état présent, je suis parfaitement rassuré : ce qui m’allarmoit le plus droit la promptitude avec laquelle la plaie s’étoit refermée. Il avoit à la jambe un trou fort profond ; elle étoit enflée ; il souffroit beaucoup, & ne pouvoit se soutenir. En cinq ou six heures, avec une simple application de thériaque, plus d’enflure, plus de douleur, plus de trou, à peine en ai-je pu retrouver la place ; il est gaillardement revenu de son pied à Motiers, & se porte à merveille depuis ce temps - là : comme vous avez des chiens, j’ai cru qu’il étoit bon de vous apprendre l’histoire de mon spécifique ; elle est aussi étonnante que certaine. Il faut ajouter que je l’ai mis au lait, durant quelques jours ; c’est une précaution qu’il faut toujours prendre, sitôt qu’un animal est blessé.

Il est singulier que depuis trois jours, je ressens les mêmes attaques que j’ai eues cet hiver ; il est constaté que ce séjour ne me vaut rien à aucun égard. Ainsi mon parti est pris ; tirez-moi d’ici au plus vîte. Je vous embrasse.

LETTRE AU MÊME.

Mardi 11 Juin 1765.

Si je reste un jour de plus, je suis pris ; je pars donc, mon cher hôte, pour la Ferrière, où je vous attendrai avec le plus grand empressement, mais sans m’impatienter. Ce qui achève de me déterminer, est qu’on m’apprend que vous