Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/296

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d’Ambassade à Paris, y est peut-être encore, & peut attester la même chose. Des foules de lettres & de témoins la peuvent attester ; mais qu’importe à M. de Voltaire ?

Je n’ai jamais rien écrit ni ligné de pareil à la déclaration que M. de Voltaire dit que M. de Montmollin a entre les mains, signée de moi. On peut consulter là-dessus ma lettre du 8 Août 1765 adressée à M. D**.

Messieurs de Berne m’ayant chassé de leurs états, en 1765 à l’entrée de l’hiver, le peu d’espoir de trouver nulle part la tranquillité dont j’avois si grand besoin, joint à ma foiblesse, & au mauvais état de ma santé, qui m’ôtoit le courage d’entreprendre un long voyage dans une saison si rude, m’engagea d’écrire à M. le Baillis de Nidau une lettre qui a couru Paris,*

[*Celle du 20 Octobre 1761. Tome XII de cette édition des Œuvres, & Tome XXIV de celles in-8. & grand in-12.] qui a arraché des larmes à tous les honnêtes gens, & des plaisanteries au seul M. de Voltaire.

M. de Voltaire ayant dit publiquement à huit citoyens de Genève, qu’il étoit faux que j’eusse jamais été secrétaire d’un Ambassadeur, & que je n’avois été que son valet, un d’entr’eux m’instruisit de ce discours, & dans le premier mouvement de non indignation, j’envoyai à M. de Voltaire un démenti conditionnel dont j’ai oublié les termes,*

[*Voyez ci-après ce billet sous date du ; 31 Mai 1765. page 225.] mais qu’il avoit assurément bien mérité.

Je me souviens très-bien d’avoir une fois dit à quelqu’un que je me sentois le cœur ingrat, & que je n’aimois point les bienfaits. Mais ce n’étoit pas après les avoir reçus que