Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/347

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LETTRE AU MÊME.

À Trie-le-Château le 24 Juin 1767.

J’espérois, Monsieur, vous rendre compte un peu en détail de ce qui regarde mon arrivée & mon habitation ; mais une douleur fort vive qui me tient depuis hier à la jointure du poignet, me donne à tenir la plume une difficulté qui force d’abréger. Le château est vieux, le pays est agréable, & j’y suis dans un hospice qui ne me laisseroit rien à regretter, si je ne sortois pas de Fleury. J’ai apporté votre livre de plantes dont j’aurai grand soin ; j’ai apporté votre philosophie rurale que j’ai essayé de lire & de suivre sans pouvoir en venir à bout ; j’y reviendrai toutefois. Je réponds de la bonne volonté, mais non pas du succés. J’ai aussi apporté la clef du parc ; j’étois en train d’emporter toute la maison. Je vous renverrai cette clef par la première occasion. Je vous prie de me garder le secret sur mon asile. M. le de Conti le désire ainsi, & je m’y suis engagé. Le nom de Jaques ne lui ayant pas plu, j’y ai substitué celui que je signe ici, & sous lequel j’espère, Monsieur, recevoir de vos nouvelles à l’adresse suivante. Agréez, Monsieur, mes salutations très-humbles. Je vous révère & vous embrasse de tout mon cœur.