Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/351

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mais je ne puis m’empêcher de soupirer en y songeant. Aimez-moi, & plaignez-moi. Ah ! pourquoi faut-il que j’aye fait des livres, j’étois si peu fait pour ce triste métier ! J’ai le cœur serré ; je finis, & vous embrasse.

LETTRE À Mr. D. P......u.

27 Septembre 1767.

Vous pouvez, mon cher hôte, juger du plaisir que m’a fait votre dernière lettre, par l’inquiétude que vous avez trouvé dans ma précédente, & que vous blâmez avec raison. Mais considérez qu’après tant de longues agitations si propres à troubler ma tête, au lieu du repos dont j’avois besoin pour la raffermir, je me trouve ici submergé dans des mers d’indignités & d’iniquités, au moment même où tout paroissoit concourir à rendre ma retraite honorable & paisible. Cher ami, si avec un cœur malheureusement trop sensible, & si cruellement & si continuellement navré, il reste dans ma tête encore quelques fibres saines, il faut que naturellement le tout ne fut pas trop mal conformé. Le seul remède efficace encore, & dont j’ose espérer tout, est l’emplâtre du cœur d’un ami pressé sur le mien. Venez donc, je n’ai que vous seul, vous le l’avez ; c’est bien assez ; je n’en regrette qu’un ; je n’en veux plus d’autre. Vous serez désormais tout le genre humain pour moi. Venez verser sur mes