Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/354

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à son jardinier de me fournir de tout. Voilà, mon ami ; comment les princes, si puissans & si craints où ils ne sont pas, sont obéis & craints dans leur maison. Vous aurez ici d’excellent bœuf, d’excellent potage, d’excellent gibier. Vous mangerez peu ; je me charge de votre régime, & je vous promets, qu’en partant d’ici vous serez gras comme un moine, & sain comme une bête : car ce n’est pas votre estomac, mais votre cervelle que je veux mettre au régime frugivore. Je vous serai brouter avec moi de mon soin. Ainsi soit-il. Bonjour.

Mille choses de ma part à M. De Luze. Hélas, avec qui nous nous sommes vus ! Dans quel moment nous nous sommes quittés ! Ne nous reverrons-nous point ?

LETTRE AU MÊME.

9 Octobre 1767.

Je vous écris un mot à la hâte pour vous dire que le patron de la case est venu ici mardi seul, & n’a point chassé. De sorte que j’ai profité de tous les momens que ce grand Prince, & pour plus dire, que ce digne homme a passés ici. Il me les a donnés tous ; vous connoissez mon cœur, jugez-comment j’ai senti cette grâce. Hélas que ne peut-il voir le mal & en couper la source ! Mais il ne me relie qu’à me résigner ; & c’est ce que je fais aussi pleinement qu’il se peut.