Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/365

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ajoute à mon déplaisir de vous écrire si tard, est la crainte que cette lettre vous trouvant déjà parti de Calwich, ne fasse un bien long circuit pour vous aller chercher à Bath. Je désire fort, Monsieur, que vous ayez cette fois entrepris ce voyage annuel plus par habitude que par nécessité, & que toutefois les eaux vous fassent tant de bien que vous puissiez jouir en paix de la belle saison qui s’approche, dans votre charmante demeure, sans aucun ressentiment de vos précédentes incommodités. Vous y trouverez, je pense à votre retour un barbouillage, nouvellement imprimé, où je me suis mêlé de bavarder sur la musique, & dont j’ai fait adresser un exemplaire à M. Rougemont, avec prière de vous le faire passer. Aimant la musique, & vous y connoissant aussi bien que vous faites, vous ne dédaignerez peut-être pas de donner quelques momens de solitude & d’oisiveté, à parcourir une espèce de livre qui en traite tant bien que mal. J’aurois voulu pouvoir mieux faire ; mais enfin le voilà tel qu’il est.

Le défaut d’occasion, Monsieur, pour faire partir cette lettre rend sa date bien surannée, & me l’a fait écrire à deux fois. L’occasion même d’un ami prêt à partir & qui veut bien s’en charger, ne me laisse pas le temps de transcrire ma réponse à l’aimable bergère de Calwich, & me force à laisser partir un peu barbouillée. Veuillez lui faire excuser cette petite irrégularité, ainsi que celle du défaut signature, dont vous pouvez savoir la raison. Recevez, Monsieur, mes salutations empressées & mes vœux pour l’affermissement de votre sauté.

L’herboriste de Mde. la Duchesse de Portland.