Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/368

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de mérite dans ce pays-là, j’y suis attaché par reconnoissance, & je ne doute pas qu’avec un peu de choix dans mes liaisons, je n’y pusse vivre agréablement. Mais l’air du pays qui m’en a chassé n’a pas changé depuis ma retraite, & ne me permet pas de songer au retour. Celui de France est de tous les airs du monde celui qui convient le mieux à mon corps & à mon cœur, & tant qu’on me permettra d’y vivre en liberté, je ne choisirai point d’autre asile pour y finir mes jours.

On me presse pour la poste, & je suis forcé de finir brusquement en vous saluant avec respect & vous embrassant de tout mon cœur.

LETTRE À Mr. D. P...... u.

10 Février 1768.

Votre Nº. 5, mon cher hôte, me donne le plaisir impatiemment attendu d’apprendre votre heureuse arrivée, dont je félicite bien sincèrement l’excellente Maman & tous vos amis. Vous aviez tort, ce me semble, d’être inquiet de mon silence. Pour un homme qui n’aime pas à écrire, j’étois assurément bien en règle avec vous qui l’aimez. Votre dernière lettre étoit une réponse ; je la reçus le dimanche au soir ; elle m’annonçoit votre départ pour le mardi matin, auquel cas il étoit de toute impossibilité qu’une lettre que