Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/373

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de voir bientôt rétablir la paix dans toutes vos contrées, ne peut contribuer en rien à l’accélérer. Adieu, mon cher hôte ; mes hommages à la meilleure des mères ; mille choses au bon M. Jeannin, & à tous ceux qui m’aiment, & à tous ceux que vous aimez.

LETTRE À Mr. D’IVERNOIS

Ce 8 Mars 1768.

Votre lettre, mon ami, du 29 me fait frémir. Ah creuls amis ! quelles angoisses vous me donnez ! N’ai-je donc pas assez des miennes ? Je vous exhorte de toutes les puissances de mon ame, de renoncer à ce malheureux grabeau, qui sera la cause de votre perte, & qui va susciter contre vous la clameur universelle, qui jusqu’à présent étoit en votre faveur. Cherchez d’autres équivalens ; consultez vos lumiéres, pesez, imaginez, proposez ; mais je vous en conjure, hâtez-vous de finir, & de finir en hommes de bien & de paix, & avec autant de modération, de sagesse & de gloire que vous avez commencé. N’attendez pas que votre étonnante union se relâche, & ne comptez pas qu’un pareil miracle dure encore long-temps. L’expédient d’un réglement provisionnel peut vous faire passer sur bien des choses, qui pourront avoir leur correctif dans un meilleur temps. Ce moment court & passager vous est favorable, mais si vous ne le