Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/382

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


a quelques - uns, je l’avoue, que je ne serois pas fâché de revoir, pour remplir, par un peu de distraction, les mauvais jours d’hiver, où mon état & la saison m’empêchent d’herboriser. Celui surtout qui m’intéresseroit le plus, seroit le commencement du Roman intitulé : Emile & Sophie, ou les Solitaires. Je conserve pour cette entreprise, un foible que je ne combats pas, parce que j’y trouverois au contraire, un spécifique utile pour occuper mes momens perdus, sans rien mêler à cette occupation, qui me rappelât les souvenirs de mes malheurs, ni de rien qui s’y rapporte. Si ce fragment vous tomboit sous la main, & que vous pussiez me l’envoyer, soit le brouillon, soit la copie, par le retour de Mde. Boy-de-la-Tour, cet envoi, je l’avoue, me seroit un vrai plaisir.

Comment va la goutte ; comment va l’œil gauche ? S’il n’empire pas, il guérira ; & je vois avec grand plaisir, par vos lettres qu’il va sensiblement mieux. Mon cher hôte, que n’avez-vous en goût modéré, le quart de ma passion pour les plantes ? Votre plus grand mal est ce goût solitaire & casanier, qui vous fait croire être hors d’état de faire de l’exercice. Je vous promets que, si vous vous mettiez tout de bon à vouloir faire un herbier, la fantaisie de faire un testament ne vous occuperoit plus guères. Que n’êtes - vous des nôtres ! Vous trouveriez dans notre guide & chef, M. de la Tourette, un botaniste aussi savant qu’aimable, qui vous seroit aimer les sciences qu’il cultive. J’en dis autant de M. l’Abbé Rosier ; & vous trouveriez dans M. l’Abbé de Grange-Blanche & dans votre hôte, deux condisciples plus zélés