Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/390

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LETTRE À Mr. LALIAUD.

Bourgoin le 5 Octobre 1768.

Votre lettre, Monsieur, du 19 Septembre, m’est parvenue en son temps, mais sans le duplicata, & je suis d’avis que vous ne vous donniez plus la peine d’en faire par cette voie, espérant que vos lettres continueront à me parvenir en droiture, ayant peut-être été ouvertes, mais n’importe pas, pourvu qu’elles parviennent. Si j’apperçois une interruption, je chercherai une adresse intermédiaire, ici, si je puis, ou à Lyon.

Je suis bien touché de vos soins, & de la peine qu’ils vous donnent, à laquelle je suis très-sûr que vous n’avez pas regret : mais il est superflu que vous continuiez d’en prendre au sujet de ce coquin de Thevenin, dont l’imposture est maintenant dans un degré d’évidence auquel M. de Tonnerre lui-même ne peut se refuser. Savez-vous là-dessus quelle justice il se propose de me rendre, après m’avoir promis la protection la plus authentique pour tirer cette affaire au clair ? C’est d’imposer silence à cet homme ; & moi, toute la peine que je me suis donnée étoit dans l’espoir qu’il le forceroit de parler. Ne parlons plus de ce misérable ni de ceux qui l’ont mis en jeu. Je sais que l’impunité de celui - ci va les mettre à leur aise pour en susciter mille autres, & c’étoit pour cela qu’il m’importoit de démasquer le premier. Je l’ai