Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/398

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vivant ou mort, le temps est pour moi ; mes ennemis le sentent aussi, & c’est ce qui les désole ; ils se pressent de jouer de leur reste ; dès maintenant ils en ont trop fait, pour que leurs manœuvres puissent rester long-temps cachées, & le moment qui doit les mettre en évidence sera précisément celui où ils voudront les étendre sur l’avenir. Vous êtes jeune, Monsieur ; souvenez - vous de la prédiction que je vous fais, & soyez sûr que vous la verrez accomplie. Il me reste maintenant à vous dire que prévenu de tout cela, vous pouvez agir comme votre cœur vous inspirera, & comme votre raison vous éclairera, plein de confiance en vos sentimens, & en vos lumières, certain que vous n’êtes pas homme à servir mes intérêts aux dépends de mon honneur, je vous donne toute ma confiance. Voyez Mde. la Maréchale, la mienne en elle est toujours la même. Je compte également & sur ses bontés, & sur celles de M. le Prince de Conti ; mais l’un est subjugué, l’autre ne l’est pas, & je ratifie d’avance tout ce que vous résoudrez avec elle, comme fait pour mon plus grand bien. À l’égard du titre dont vous me parlez, je tiendrai toujours à très-grand honneur d’appartenir à S. A. S. & il ne tiendra pas à moi de le mériter ; mais ce sont de ces choses qui s’acceptent, & qui ne se demandent pas. Je ne suis pas encore à la fin de mon bavardage, mais je suis à la fin de mon papier ; j’ai pourtant encore à vous dire que l’aventure de Thevenin a produit sur moi l’effet que vous désiriez. Je me trouve moi-même fort ridicule d’avoir pris à cœur une pareille affaire ; ce que je p’aurois pourtant pas fait, je vous jure, si je n’eusse été sûr