Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/432

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à son ennemi. Paradis aux bienfaisans, disoit sans cesse le bon Abbé de St. Pierre. Voilà un paradis que les méchans ne peuvent ôter à personne, & qu’ils se donneroient, s’il en connoissoient le prix.

Adieu, cher Moultou ; je vous embrasse.

LETTRE À Mr. D. P........u.

À Monquin le 16 Septembre 1769.

Vous aviez grande raison, mon cher hôte, d’attendre la relation de mon herborisation de Pilat : car parmi les plaisirs de la faire je comptois pour beaucoup celui de vous la décrire. Mais les premiers ayant manqué, me laissent peu de quoi fournir à l’autre. Je partis à pied avec trois Messieurs dont un médecin, qui faisoient semblant d’aimer la botanique, & qui délirant me cajoler, je ne sais pourquoi, s’imaginèrent qu’il n’y avoit rien de mieux pour cela, que de me faire bien des façons. Jugez comment cela s’assortit, non-seulement avec mon humeur, mais avec l’aisance & la gaieté des voyages pédestres. Il m’ont trouvé très-maussade ; je le crois bien. Ils ne disent pas que c’est eux qui m’ont rendu tel. Il me semble que malgré la pluie nous n’étions point maussades à Brot, ni les uns ni les autres. Premier article. Le second est que nous avons eu mauvais temps presque durant toute la route. Ce qui n’amuse pas quand