Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/115

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auxquels j’employois mon superflu ; c’est une raison de plus d’en disposer comme je fais ; il faut vous humilier pour le mal dont vous êtes cause, & que l’amour expie les fautes qu’il fait commettre.

Venons à l’essentiel. Vous dites que l’honneur vous défend d’accepter mes dons. Si cela est, je n’ai plus rien à dire, & je conviens avec vous qu’il ne vous est pas permis d’aliéner un pareil soin. Si donc vous pouvez me prouver cela, faites-le clairement, incontestablement, & sans vaine subtilité ; car vous savez que je hais les sophismes. Alors vous pouvez me rendre la bourse, je la reprends sans me plaindre, & il n’en sera plus parlé.

Mais comme je n’aime ni les gens pointilleux ni le faux point d’honneur ; si vous me renvoyez encore une fois la boete sans justification, ou que votre justification soit mauvaise, il faudra ne nous plus voir. Adieu ; pensez-y.

LETTRE XVIII. À JULIE.

J’ai reçu vos dons, je suis parti sans vous voir, me voici bien loin de vous. Etes-vous contente de vos tyrannies, & vous ai-je assez obéi ?

Je ne puis vous parler de mon voyage ; à peine sais-je comment il s’est fait. J’ai mis trois jours à faire vingt lieues ; chaque pas qui m’éloignoit de vous séparait mon corps de