Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/172

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Altesse. Dis-moi, je t’en prie, monseigneur ton mari est-il Atteman, Knes ou Boyard ? Pour moi, je croirai jurer s’il faut t’appeler Madme la Boyarde [1]. Ô pauvre enfant ! Toi qui as tant gémi d’être née demoiselle, te voilà bien chanceuse d’être la femme d’un prince ! Entre nous cependant, pour une dame de si grande qualité, je te trouve des frayeurs un peu roturieres. Ne sais-tu pas que les petits scrupules ne conviennent qu’aux petites gens & qu’on rit d’un enfant de bonne maison qui prétend être fils de son pere ?




LETTRE XIV.


DE M. WOLMAR À MDE. D’ORBE


Je pars pour Etange, petite cousine ; je m’étois proposé de vous voir en allant ; mais un retard dont vous êtes cause me force à plus de diligence & j’aime mieux coucher à Lausanne en revenant pour y passer quelques heures de plus avec vous. Aussi bien j’ai à vous consulter sur plusieurs choses dont il est bon de vous parler d’avance afin que vous ayez le tems d’y réfléchir avant de m’en dire votre avis.

  1. Mde. D’Orbe ignoroit apparemment que les deux premiers noms sont en effet des titres distingués, mals qu’un Boyard n’est qu’un simple gentilhomme.