Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/336

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apres-demain. Dans huit jours nous comptons être à Rome & j’espere y trouver de vos nouvelles en arrivant. Qu’il me tarde de voir ces deux étonnantes personnes qui troublent depuis si long-tems le repos du plus grand des hommes ! Ô Julie ! ô Claire ! il faudroit votre égale pour mériter de le rendre heureux.

LETTRE X. DE MDE. D’ORBE À SAINT PREUX.

Nous attendions tous de vos nouvelles avec impatience & je n’ai pas besoin de vous dire combien vos lettres ont fait de plaisir à la petite communauté ; mais ce que vous ne devinerez pas de même, c’est que de toute la maison je suis peut-être celle qu’elles ont le moins réjouie. Ils ont tous appris que vous aviez heureusement passé les Alpes ; moi, j’ai songé que vous étiez au delà.

À l’égard du détail que vous m’avez fait, nous n’en avons rien dit au baron & j’en ai passé à tout le monde quelques soliloques fort inutiles. M. de Wolmar a eu l’honnêteté de ne faire que se moquer de vous ; mais Julie n’a pu se rappeler les derniers momens de sa mere sans de nouveaux regrets & de nouvelles larmes. Elle n’a remarqué de votre rêve que ce qui ranimoit ses douleurs.

Quant à moi, je vous dirai, mon cher maître, que je ne suis plus surprise de vous voir en continuelle admiration