Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/345

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souvenez-vous qu’à quelque prix que ce puisse être, tant que mon cœur battra dans ma poitrine, jamais Lauretta Pisana ne sera ladi Bomston.

Si vous approuvez mes mesures, cette lettre n’a pas besoin de réponse. Si je me trompe, instruisez-moi ; mais hâtez-vous, car il n’y a pas un moment à perdre. Je ferai mettre l’adresse par une main étrangere. Faites de même en me répondant. Après avoir examiné ce qu’il faut faire, brûlez ma lettre & oubliez ce qu’elle contient. Voici le premier & le seul secret que j’aurai eu de ma vie à cacher aux deux cousines : si j’osois me fier davantage à mes lumieres, vous-même n’en sauriez jamais rien [1].




LETTRE XIII.


DE MDE. DE WOLMAR À MDE. D’ORBE.


Le courrier d’Italie sembloit n’attendre pour arriver que le moment de ton départ, comme pour te punir de ne l’avoir différé qu’à cause de lui. Ce n’est pas moi qui ai fait cette jolie découverte ; c’est mon mari qui a remarqué

  1. Pour bien entendre cette lettre & la troisieme de la sixieme partie, il faudroit savoir les aventures de Milord Edouard ; & j’avois d’abord résolu de les ajouter à ce recueil. En y repensant, je n’ai pu me résoudre à gâter la simplicité de l’histoire des deux amans par le romanesque de la sienne. Il vaut mieux laisser quelque chose à deviner au lecteur. (a)

    (a) Les Aventures de Milord Edouard ont été ajoutées à cette édition.