Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/365

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à Geneve, où nous comptons arriver demain pour dîner. Au reste, je t’avertis que de maniere ou d’autre la noce ne se fera pas sans toi & que si tu ne veux pas venir à Lausanne, moi je viens avec tout mon monde mettre Clarens au pillage & boire les vins de tout l’univers.

LETTRE II. DE MDE. D’ORBE À MDE. DE WOLMAR.

À Merveille, sœur prêcheuse ! mais tu comptes un peu trop, ce me semble, sur l’effet salutaire de tes sermons : sans juger s’ils endormoient beaucoup autrefois ton ami, je t’avertis qu’ils n’endorment point aujourd’hui ton amie ; & celui que j’ai reçu hier au soir, loin de m’exciter au sommeil, me l’a ôté durant la nuit entiere. Gare la paraphrase de mon argus, s’il voit cette lettre ! mais j’y mettrai bon ordre & je te jure que tu te brûleras les doigts plutôt que de la lui montrer.

Si j’allois te récapituler point par point, j’empiéterois sur tes droits ; il vaut mieux suivre ma tête ; & puis, pour avoir l’air plus modeste & ne pas te donner trop beau jeu, je ne veux pas d’abord parler de nos voyageurs & du courrier d’Italie. Le pis aller, si cela m’arrive, sera de récrire ma lettre & de mettre le commencement à la fin. Parlons de la prétendue Ladi Bomston.

Je m’indigne à ce seul titre. Je ne pardonnerois pas plus