Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/402

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eux & je ne connais qu’un moyen de quitter sans regret Geneve. Quel est ce moyen cousine ? Oh ! ma foi, tu as beau prendre ton air humble ; si tu dis ne l’avoir pas déjà deviné, tu mens. C’est apres-demain que s’embarque la bande joyeuse dans un joli brigantin appareillé de fête ; car nous avons choisi l’eau à cause de la saison & pour demeurer tous rassemblés. Nous comptons coucher le même soir, à Morges, le lendemain à Lausanne [1], pour la cérémonie ; & le surlendemain… tu m’entends. Quand tu verras de loin briller des flammes, flotter des banderoles, quand tu entendras ronfler le canon, cours par toute la maison comme une folle en criant : Armes ! armes ! voici les ennemis ! voici les ennemis !

P.S. Quoique la distribution des logemens entre incontestablement dans les droits de ma charge, je veux bien m’en désister en cette occasion. J’entends seulement que mon pere soit logé chez Milord Edouard, à cause des cartes de géographie & qu’on acheve d’en tapisser du haut en bas tout l’appartement.

  1. Comment cela ? Lausanne n’est pas au bord du lac ; il y a du port à la ville une demi-lieue de fort mauvais chemin ; & puis il faut un peu supposer que tous ces jolis arrangemens ne seront point contraries par le vent.