Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/524

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voix plaintive !… Claire ! ô ma Claire ! où es-tu ? que fais-tu loin de ton amie ? … Son cercueil ne la contient pas tout entiere… il attend le reste de sa proie… il ne l’attendra pas long-tems [1].


Fin de la sixieme & derniere partie.
  1. En achevant de relire ce recueil, je crois voir pourquoi l’intérêt, tout foible qu’il est, m’en est si agréable & le sera, je pense, à tout lecteur d’un bon naturel. C’est qu’au moins ce foible intérêt est pur & sans mélange de peine ; qu’il n’est point excité par des noirceurs, par des crimes, ni mêlé du tourment de hair. Je ne saurois concevoir quel plaisir on peut prendre à imaginer & composer le personnage d’un scélérat, à se mettre à sa place tandis qu’on le représente, à lui préter l’éclat le plus imposant. Je plains beaucoup les auteurs de tant de tragédies pleines d’horreurs, lesquels passent leur vie à faire agir & parler des gens qu’on ne peut écouter ni voir sans souffrir. Il me semble qu’on devroit gémit d’être condamné à un travail si cruel ; ceux qui s’en font un anusement doivent être bien dévores du zele de l’utilité publique. Pour moi, j’admire de bon cœur leurs talens & leurs beaux génies ; mais je remercie Dieu de ne me les avoir pas donnés.