Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/525

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LES AMOURS

DE

MILORD EDOUARD BOMSTON [1].



Les bizarres aventures de Milord Edouard à Rome, étoient trop romanesques pour pouvoir être mêlées avec celles de Julie, sans en gâter la simplicité. Je me contenterai donc d’en extraire & abréger ici ce qui sert à l’intelligence de deux ou trois lettres où il en est question.

Milord Edouard, dans ses tournées d’Italie, avoit fait connoissance à Rome avec une femme de qualité, Napolitaine, dont il ne tarda pas à devenir fortement amoureux ; elle, de son côté, conçut pour lui une passion violente qui la dévora le reste de sa vie ; & finit par la mettre au tombeau. Cet homme, âpre & peu galant, mais ardent & sensible, extrême & grand en tout, ne pouvoit gueres inspirer ni sentir d’attachement médiocre.

Les principes stoïques de ce vertueux Anglois inquiétoient la Marquise. Elle prit le parti de se faire passer pour veuve durant l’absence de son mari, ce qui lui fut aisé, parce qu’ils étoient tous deux étrangers à Rome, & que le Marquis

  1. (*) Cette piece qui paroît pour la premiere fois, a été copiée sur le manuscrit original & unique de la main de l’Auteur, qui appartient & existe entre les mains de Mde. la Maréchale de Luxembourg, qui a bien voulu le confier.